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Le Carême : un voyage vers Pâques |
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Dans la tradition liturgique orthodoxe, chaque
grande fête (Pâques,
Connaissant notre manque de concentration et l’effrayante « mondanité » de notre vie, elle sait combien nous sommes inaptes à changer rapidement…
Et c’est ainsi que, longtemps avant le début de
l’effort propre au Carême, l’Église attire notre attention sur le sérieux
de ce temps et nous invite à en méditer le sens » (« Le grand Carême »,
Alexandre Schmemann, Spiritualité Orientale 13, Abbaye de Bellefontaine,
p.17). La préparation au Carême nous permet d’acquérir les dispositions nécessaires à ce voyage vers Pâques. La tradition Orientale propose cinq dimanches de préparation et chacun avec un Evangile particulier souligne un aspect fondamental du repentir, du chemin de conversion vers Dieu :
Avant d’être une pratique concrète d’aide et
d’attention envers nos frères, nos gestes de solidarité trouvent leur
source dans une démarche spirituelle qui nous invite à nous appauvrir de
nos richesses pour permettre à Dieu de nous enrichir. Cela est la logique
de l’amour chrétien. En effet, cette pratique n’a aucun sens si on la réduit à un simple précepte extérieur. Le fondement biblique du jeûne se trouve dans le récit du péché originel (Gen 3, 1-24) et dans celui des tentations de Jésus au désert (Lc 4,1-13).
Il est facile, même pour ceux q Ce qui frappe beaucoup, c’est la dynamique du « manger / ne pas manger » (le terme manger revient plus d’une quinzaine de fois dans le récit du chapitre 3 de la Genèse).
Adam, tenté par le serpent, mange et fait une
expérience de « mort », Jésus est tenté par le démon, mais il ne mange pas
car il dit : « ce n’est pas seulement de pain que vivra l’homme ». Cette démarche comporte la descente dans les obscurités de notre cœur, là où le mal brise notre humanité avec la méfiance, la rivalité, la jalousie, la peur, l’égoïsme, l’amour propre.
Chaque homme est une créature brisée, pleine de
blessures, séparée de Dieu, des autres et de soi-même à cause du péché.
Descendre dans les profondeurs de notre cœur signifie faire l’expérience de l’impuissance, de notre incapacité de combattre le mal présent en nous. Personne ne peut se libérer tout seul de cette condition d’esclavage. Notre liberté est toujours une liberté donnée, le salut de l’homme est toujours un salut offert.
C’est seulement en acceptant de faire la lumière sur
ces les plaies de notre cœur, que nous pouvons permettre à Dieu de les
soigner avec le baume de son amour. C’est à partir de cette réconciliation avec nos limites et notre besoin d’être aimé que commence le second mouvement de la prière du cœur, celui de la montée.
Être aimés dans notre pauvreté humaine, dans notre
péché, est la force qui nous attire à Dieu et qui est à l’origine de la
montée et de notre joie.
(Théophane le Reclus) |